Cours pour moins valides

Historique du Shinshokaï.

Le Shinshokai est un style de karaté adapté pour les moins valides ainsi que toutes les personnes qui manquent de confiance en elles.

Cette méthode d’apprentissage a été développée par le Sensei Jacques Debatty en 1981.

C’est le résultat de nombreuses années de pratique et de recherches avec des personnes ayant divers handicaps.

Le Sensei Jacques Debatty a pu, à la suite de son expérience d’entraîneur européen, remarquer l’inexistence de cours pour ces personnes considérées jusque là comme incapables de pratiquer le karaté.

De là, est venue son idée de rechercher la possibilité d’adapter des techniques existantes en tenant compte de la problématique que la personne peut présenter.

Après plusieurs années de pratiques et des différents problèmes rencontrés, il a réussi à créer, en toute sécurité, une méthode de travail avec la complicité d’experts dans la matière (kinésithérapeutes, médecins, régents en éducation physique).

Sensei Jacques Debatty :
 »Un jour, j’ai rencontré un handicapé, un polio handicapé qui nageait très bien.

Il était champion de Belgique des handicapés.

Nous avons parlé et je lui ai demandé s’il n’avait pas envie de faire du karaté.

Il m’a répondu en riant : « Tu imagines ! Moi avec mes béquilles, si quelqu’un me pousse, je tombe et je ne sais pas me relever.

Comment veux-tu que je puisse me défendre ? ».

Pourtant, nous avons quand même tenté le coup ensemble.

Au début les problèmes étaient très grands.

Je lui ai d’abord montré une série d’exercices destinés à améliorer la souplesse et ensuite nous avons passé presque un an et demi rien que pour lui apprendre à se redresser sans l’aide de ses béquilles.

  

Je lui ai appris à se servir de ses béquilles comme si c’était ses mains, avec une différence : « ces mains-là » sont aussi longues que ses jambes et légèrement plus dures.

Il connaissait naturellement beaucoup d’autres handicapés qui ont voulu voir et c’est ainsi que de plus en plus de handicapés sont venus me trouver.

Travailler avec des handicapés exige évidement tout un apprentissage spécifique.

« 

Cette méthode de travail a permis de réduire le handicap moteur et psychologique de ces personnes moins valides.

Elle a également amélioré leur coordination motrice et leur stabilité.

Ces personnes ont pu, par la même occasion, acquérir une meilleure confiance en elles.

Un entraînement adéquat associé à un support psychologique indispensable permettent d’aboutir à un résultat qui pourrait en étonner plus d’un.

Ainsi, le handicap n’est plus une chose à dissimuler mais plutôt à utiliser.

L’objectif initial était de permettre aux moins valides d’avoir accès aux arts martiaux et de disposer de techniques de self–défense.

Les techniques se sont progressivement adaptées par la pratique et il s’est avéré que cette méthode pouvait rivaliser avec le Shotokan, qui est rappelons-le karaté traditionnel.

Les entraîneurs de ces personnes handicapées ont relevé le défi de présenter leurs candidats chez les valides.

Un exemple probant est que Marc Antoine Lucchese, qui est aveugle, est le premier handicapé à avoir obtenu sa ceinture noire shotokan à la fédération.

La première rencontre des arts martiaux entre valides et moins valides a eu lieu aux Etats Unis en 1983.

Jean-Marc Bienkowski, handicapé physique, a terminé troisième des Internationaux de Pennsylvanie à Harrisburg.

Il a été battu d’un point par le multiple champion des Etats Unis, qui lui est valide (précisons–le).

Une autre victoire la même année celle de Jean–Pierre Maréchal, non valide, remporte la troisième place du championnat de Belgique battu par le valide, Luc Daucha, membre du même club et champion de Belgique dans sa catégorie.

Voyant le succès et convaincus qu’ils pouvaient aller plus loin, les fondateurs de cette discipline organisent en 1990 le premier championnat de Belgique Shinshokai, avec des valides et des moins valides.

Au fur et à mesure des modifications, le fondateur de cette méthode s’est aperçus qu’il pouvait être également profitable aux valides.

Après en avoir fait la preuve grâce aux résultats obtenus lors des championnats, la pertinence des adaptations a été confirmée ce qui a renforcé son idée et les a encouragés à continuer dans cette voix.

Depuis l’année 2002, le Shinshokai est, grâce à Sensei Jacques Debatty, officiellement reconnu comme style de karaté à part entière.

Notre Sensei a en effet démontré la réalité et l’efficacité de cette discipline lorsqu’il a présenté son 7e Dan à la Fédération Francophone de Karaté.

À la suite de cet examen couronné par un succès, les examinateurs ont pu constater et homologuer le Shinshokai, son immense potentiel et l’efficacité de sa pratique pour

les moins valides et surtout pour les valides